Mercredi 2 septembre 2009
Et voilà c'est sur ce voyage dans le Maranhão que j'ai conclu mon année au Brésil... Une année enrichissante personnellement, faite de rencontres, et de découvertes en tout genre.
Première expérience de vivre à l'étranger, et donc de se confronter à des questions et des situations nouvelles. J'ai moi même découvert le Brésil, la terre de contraste et d'inégalité comme cela
est souvent décrit. J'ai compris l'ampleur du problème, et la difficulté d'en sortir. La politique, l'histoire, la culture, l'économie, autant de choses qui sont liées entre elles, et freinent ce
grand pays dans son développement. En tant que française - et pourtant pas farouche - je ne comprenais pas la passivité des brésiliens face à leurs politiciens. En tant que française, des
améliorations efficaces me paraissent facile à mettre en place. En tant que française, la cohabitation, si pacifique entre des populations si contrastées, parait inacceptable... Et pourtant ce
n'est pas si simple, la France a son histoire, et ce qu'elle est aujourd'hui, ce qui nous apparaît comme des dûs et des évidences, sont des acquis que nous avons construits... C'est aussi cela
passer une année à l'étranger, c'est avoir un autre regard sur son propre pays, et réaliser que certes, il y a toujours des améliorations à apporter, mais quand même, la construction n'est déjà
pas si mal!!
La seule chose que je souhaite aujourd'hui pour le Brésil c'est de se sortir de sa gangrène, la corruption, qui paralyse tout développement possible....
Bien sur, je remercie tous ceux qui ont lu ce blog. Je vous mets ici le passage d'un livre, déjà copié par une autre bloggeuse de Buenos Aires - Léa - qui exprime assez justement ce qu'on ressent
de l'autre coté de la Terre quand le temps passe. Je crois justement, que ce blog était un peu là pour ça, inconsciemment, ne pas être oubliée et partager un peu de mon quotidien et de mes
découvertes pour ne pas revenir et être restée une inconnue durant ces longs mois. Et puis bien sur comment ne pas remercier les Brésiliens, sans eux l'année n'aurait pas pu être la même :
Carolina, Samir, Cida, Tania... Pour ne citer qu'eux, mais bien sur tous les autres!!!
"Ça y est, vous commencez à perdre le nord.
Car même si, [...] les communications s'étaient espacées, vos amis et parents de là-bas étaient toujours présents dans votre esprit comme les témoins imaginaires
de votre vie d'ici. C'est à eux que [...], vous racontiez et expliquiez tout ce que vous faisiez. Dans votre tête, ils s'étonnaient, commentaient, posaient des questions et admiraient vos
réponses... Ils épousaient votre regard et votre point de vue, s'émerveillant sans cesse de l'aisance avec laquelle vous évoluiez dans ce monde étranger.
Mais la réalité - dure, comme les réactions ont tendance à l'être -, c'est que vous êtes pour ainsi dire absent de là-bas. Vos ex-proches ne perdent pas leur
temps à vous imaginer dans votre nouvelle vie, quelle idée! Ils n'imaginent rien du tout. Ils ne connaissent pas, donc ils s'en moquent. Ils ont d'autres chats à fouetter. Si vous figurez encore
dans leur horizon mental c'est, sauf exception, de façon sporadique, éphémère, en pointillé. L'exception, quand vous avez de la chance, ce sont vos parents : il est rare qu'ils vous oublient tout
à fait, ou que vous leur deveniez à cent pour cent indifférent ; votre place dans leur cœur, bien que vague, est garantie et grande ; elle ne peut être ni usurpée, ni abolie. Mais la règle c'est
quand même cette terrible et naturelle propension du vide à se remplir. Vous n'avez pas laissé, en partant, de trou béant. L'existence des autres, là-bas, est pleine comme un œuf.
Eh oui. C'est comme ça. personne n'est impressionné par ce que vous faites."
Nord Perdu, de Nancy Huston
J'étais contente de ma photo, mais dans le contexte j'en convient elle est trés kitch!!